
Quentin Schrotzenberger, l’histoire d’un talent jamais éteint
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(Photo Quentin Schrotzenberger)
Il fut un temps où Quentin Schrotzenberger faisait trembler les meilleurs spécialistes mondiaux du VTT éliminator (XCE). Un temps où le Normand se mesurait sans complexe aux références de la discipline, avant que le manque de moyens ne vienne brutalement freiner son ascension. Trois ans plus tard, il revient sur le devant de la scène, cette fois au guidon d'une moto d'enduro, avec des ambitions retrouvées.
Le XCE est une discipline spectaculaire où quatre pilotes s'affrontent simultanément sur un circuit d'environ un kilomètre. Les deux premiers de chaque manche poursuivent leur route jusqu'à une finale réunissant les quatre derniers concurrents. Une épreuve explosive qui demande puissance, explosivité, technique et une capacité exceptionnelle à gérer la pression.
En 2023, Quentin Schrotzenberger fait alors partie du gratin mondial. Il rivalise avec les meilleurs, à commencer par le sextuple champion du monde Titouan Perrin-Ganier, Lorenzo Serres ou encore l'Allemand Simon Gegenheimer, champion du monde en 2021.
« J'étais en effet un des meilleurs mondiaux à ce moment-là. Mais quand tu veux faire une saison complète de Coupe du monde et avoir une chance de gagner des titres, il faut un budget très important que je n'avais pas. Sans équipe, c'est quasiment impossible. Ensuite, j'ai commencé à travailler. »
Le palmarès parle pour lui. En 2020, Quentin devient vice-champion de France derrière l'intouchable Titouan Perrin-Ganier. Deux ans plus tard, il monte sur le podium d'une manche de Coupe du monde à Aalen, en Allemagne, en décrochant une superbe troisième place... encore derrière Perrin-Ganier. La même saison, il échoue à trois reprises au pied du podium avec des quatrièmes places à Sakarya, en Turquie, à Paris et à Winterberg, en Allemagne.
L'année 2023 confirme son statut. Quentin termine une nouvelle fois quatrième lors des manches de Coupe du monde d'Oudenaarde, en Belgique, puis de Sakarya. Régulièrement aux portes du podium, il démontre qu'il possède largement le niveau pour viser les toutes premières places mondiales.
Son plus grand fait d’armes se déroule en Indonésie le 28 aout 2022. Il devance le champion du monde de la discipline, l’Allemand Simon Gegenheimer à l’issue d’une course compliquéeet remporte donc cette manche de la coupe du monde 2022.
Mais le très haut niveau a un prix. Les déplacements, les inscriptions, le matériel et la logistique représentent un investissement considérable. Sans structure professionnelle ni partenaires financiers, poursuivre une saison complète devient impossible. Le Normand disparaît alors des radars du VTT international.
L'histoire aurait pu s'arrêter là.
Pourtant, la passion du pilotage est restée intacte. Cette année, Quentin Schrotzenberger réapparaît... mais dans une touteautre discipline. Il vient de remporter une manche du championnat de Normandie d'enduro moto, une reconversion aussi surprenante que prometteuse.
« Je me suis dirigé vers l'enduro car mon père en fait. Je me suis dit que j'avais toutes les capacités techniques pour évoluer avec une moto. J'ai testé pour voir si ça allait le faire. »
Le pari semble déjà gagnant. Les automatismes acquis en VTT, son équilibre, sa lecture du terrain et sa technique de pilotage lui permettent d'être rapidement compétitif.
Cette victoire n'est peut-être que le début d'une nouvelle aventure. Les ambitions sont bien présentes.
« J'ai pour objectif de gagner le championnat de Normandie dans ma catégorie et de faire le Touquet, la grande course de sable en moto. Et comme pour le VTT, je suis à la recherche de partenaires pour aller plus haut. »
Le constat est finalement le même qu'à l'époque du VTT : le talent est là, les résultats aussi. Il ne manque qu'un soutien financier pour permettre à Quentin Schrotzenberger d'exprimer pleinement son potentiel.
Patrick Tapin



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