
Théo Fontanille, l’élégance d’un champion qui quitte les Conquérants
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(photo Patrick Tapin)
Il y a des joueurs qui marquent un club par leurs statistiques. D’autres par leur fidélité. Théo Fontanille, lui, aura marqué les Conquérants de Caen par tout cela à la fois… et bien davantage encore.
La semaine dernière, face aux Diables de Rethel, le numéro 92 emblématique des Conquérants a disputé les derniers quarts de finale de Ligue Élite de sa carrière caennaise. Trois matchs d’une intensité folle, trois combats remplis d’espoir, de courage et d’émotions, avant une issue cruelle, si proche du bonheur d’une qualification en demi-finale.
Une fin douloureuse, mais digne d’un immense joueur.
Originaire de Grenoble, où il est né le 24 mai 1992, Théo Fontanille découvre le haut niveau très jeune. Formé dans l’une des places fortes du roller hockey français, ce kinésithérapeute de profession construit rapidement un solide parcours en Ligue Élite. Après deux saisons à Anglet, il choisit en 2015 de rejoindre les Conquérants de Caen avec ambition, bien décidé à retrouver les sommets.
Attiré par le projet porté notamment par Gérome Guérin et Antoine Rage, il débarque en Normandie avec un CV déjà impressionnant. Mais au fil des années, Théo Fontanille va devenir bien plus qu’un simple renfort : il va devenir l’un des visages de l’histoire moderne des Conquérants.
Sous le maillot caennais, il incarne le sérieux, le talent et l’exigence du très haut niveau. Capable d’être décisif dans les grands rendez-vous, respecté par ses partenaires comme par ses adversaires, il a traversé les saisons avec une régularité remarquable.
Son parcours international parle pour lui.
Champion du monde en 2017 lors des World Roller Games de Nankin en Chine. Vice-champion du monde en 2015 en Argentine puis en 2018 en Italie. Médaillé de bronze mondial en 2016 et 2019. Médaillé de bronze aux Jeux Mondiaux 2022 à Birmingham aux États-Unis. Champion de France junior en 2012. Médaillé de bronze au championnat du monde junior en 2011, dont il était le capitaine.
Et surtout, plus de 100 sélections avec l’équipe de France. Une carrière immense.
Mais à Caen, les supporters retiendront aussi l’homme derrière le champion. Celui qui a partagé pendant des années le vestiaire avec ses compagnons de route Antoine Rage et Enzo Renou. Celui qui a aidé les Conquérants à grandir, saison après saison.
Ces derniers matchs face à Rethel avaient presque une dimension symbolique. Trois rencontres étouffantes, pleines d’émotions et de caractère. Une série où les Conquérants ont fait vaciller l’ogre ardennais. Une série qui ressemblait à l’histoire de Théo Fontanille : du courage, du cœur et un refus permanent d’abandonner. Le départ de Théo Fontanille laisse un vide immense chez les Conquérants de Caen. Car les grands joueurs ne se remplacent jamais totalement.
Patrick Tapin



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